Il ne me reste qu'un mot à ajouter à l'adresse de mes bons amis: c'est de m'excuser du retard involontaire que j'ai apporté à la publication de cet opuscule dont la préparation demande beaucoup plus de travail qu'on ne croit généralement.

Neuf longues semaines de maladie sérieuse soufferte sans aucune résignation, mais en rageant tout le temps m'ont obligé de garder la maison à mon grand détriment, et en courant un risque sérieux d'avarier ma part de salut.

J'espère, toutefois, qu'il n'en sera rien.

Merci à mon vieil ami Tremblay qui a si gracieusement acquiescé à ma demande en m'envoyant une courte préface qui résume toute la publication.

A. FILIATRAULT

LA CULOTTE À BAPTISTE

J'ai le bonheur de posséder, dans la personne d'un brave habitant de La Renouche, Baptiste Latrémouille, un ami sincère et dévoué, qui me conte toujours des peurs chaque fois que je le rencontre en ville. Je vous le présente sans cérémonie. La dernière anecdote qu'il m'a narrée est vraiment renversante, et je vous la donne telle quelle, en laissant à Baptiste la responsabilité de son récit.

Baptiste, quand il m'a raconté cette histoire, l'a mise sur le dos d'un de ses voisins, mais je suis persuadé qu'il ne disait pas la vérité sous ce rapport. C'est la raison pour laquelle je le mets en cause lui-même. Comme tous les habitants du Canada, il est rusé, ce qui ne l'empêche pas de se faire pincer de temps à autre. S'il m'a induit en erreur, tant pis pour lui, je le considère, toutefois, comme le véritable gaillard qui a été la victime de cette aventure.

Un lundi de juin, l'an dernier, Baptiste avait décidé de venir à Montréal pour affaires, mais il y avait une grave difficulté à surmonter. Le fessier de sa culotte était percé à jour, et il ne pouvait décemment entreprendre ce voyage dans ces conditions. Il s'adressa à sa femme et lui demanda de faire ce raccommodage impératif.