A ceux qui se rencontrent le cœur grand ouvert et les mains tendues, il faut dire: Aimez-vous! Aimez-vous sans savoir ce que vous avez été ni même ce que vous êtes! Ce que vous êtes? Des malheureux dont les lèvres sont sèches et altérées de baisers, les victimes du printemps éternel. Aimez-vous, même dans le semblant d’opprobre de votre rêve écroulé et de vos illusions perdues, comme dans une ombre cruellement tutélaire. Aimez-vous, même en ayant perdu le droit sublime d’être jaloux!
VI
Des différentes façons
d’être belle.
I
Scrupuleux, comme toujours, des textes que je commente, en ces rapides études, je transcris dans ces termes mêmes la question qui m’est posée et à laquelle je tenterai de répondre aujourd’hui. Ce que je désespère d’en reproduire, c’est le griffonnage subjectif. J’ai reçu récemment, de son auteur lui-même, un traité de graphologie, et, avec une sincérité parfaite, j’essaye d’en appliquer les principes aux écritures des femmes qui me font l’honneur de m’écrire. Je n’en ai pas rencontré encore une seule qui ne fût inquiétante et qui m’inspirât l’idée d’une vie tranquille avec celle qui l’avait tracée. Comme les peuples heureux, les femmes enviables n’ont pas d’histoire. Quel état d’âme bizarre peut pousser mes correspondantes à me consulter sur des points où l’avis d’un homme ne leur peut être qu’une curiosité, la façon de penser et de sentir, ayant, avant tout, un sexe, et le cœur ne parlant pas la même langue chez l’homme et chez la femme? Cette fois-ci, cependant, c’est une opinion masculine avant tout qu’on me demande et je l’entends donner avec une parfaite sincérité.