—Maintenant c'est sûr!

—Vous n'avez plus peur que Lohengrin ne paraisse à l'horizon?

—En tout cas, s'il paraît, ce ne sera qu'avec son cygne.

Voilà où en est venue la France. Voyons maintenant cet optimisme.

L'OPTIMISME FRANÇAIS

L'optimisme est à la mode. Il y a aussi des jupes courtes et des jupes longues dans la philosophie. En ce moment on nous crie de partout à nous rompre la tête: «Soyez optimistes!». Enfermées dans de jolis livres, ces voix régénératrices nous viennent surtout d'Amérique. Les psychologues américains de nos jours ne se lassent pas de répéter cette chanson, qui est un peu monotone à nos oreilles de Latins. L'un des plus distingués d'entre eux, Waldo Trine, tonne avec éloquence, dans un de ses derniers ouvrages, contre l'ennui et la peur, qu'il appelle «les deux noirs jumeaux». «En attirant à nous par la peur les choses mêmes qui nous donnent de la crainte, dit-il, nous attirons aussi toutes les conditions qui contribuent à entretenir la peur dans l'esprit.