Je rédigeai une longue dépêche en langage chiffré, suivant l’alphabet conventionnel adopté par la grande agence, et j’y mentionnai les numéros et la nature des titres dérobés à M. Ugo Chancer. Je donnai également un signalement précis de Slang, aiguillai les recherches sur la corporation des domestiques-cambrioleurs, puis la dépêche expédiée, je me rendis à la succursale de l’Australian Bank Exchange.
Aussitôt arrivé dans le hall luxueux de cette maison de banque, je fis passer ma carte au directeur, M. Dubourdiew, que je connaissais déjà et qui me reçut aussitôt.
Il fut tout de suite au fait :
— Vous venez sans doute au sujet de la dénonciation que nous avons faite au Police-Court ?
— Oui, monsieur.
— Voici l’affaire en deux mots : un individu qui n’est nullement client de la maison s’est présenté à nos guichets pour négocier une obligation de la Newcastle Mining Co, obligation qui était frappée d’opposition. C’est moi qui ai rédigé la plainte contre le porteur du titre. Je regrette d’avoir été mis au courant trop tard, lorsque cet individu était déjà dehors ; sans cela je l’aurais fait garder à vue.
— C’eût été préférable, en effet.
— Oui, monsieur Dickson… mais c’est notre préposé au service des titres, un jeune auxiliaire très novice, qui a reçu le visiteur. Il n’a pas eu la présence d’esprit qu’exigeait la situation et il a laissé fuir le gredin…
— C’est vraiment regrettable, murmurai-je.
Le directeur s’excusa du geste :