Je remerciai Betzy et gagnai rapidement la chambre de Slang.
Aussitôt monté, j’avais allumé un bout de bougie, qui traînait avec quelques autres sur la table de nuit de mon pseudo-cousin, et muni de ce lumignon vacillant, je m’étais dirigé vers la rangée de chaussures.
Il y avait, ai-je dit, au nombre de ces chaussures une paire de boots caoutchoutés ; celle-ci était à éliminer.
Je retournai vivement les autres : deux paires de brodequins à lacets… Aucune n’avait été ressemelée.
Il était donc de toute évidence que les bottines qui avaient laissé leur empreinte dans le jardin du crime étaient bien celles que le misérable avait aujourd’hui aux pieds.
Je fis, par habitude professionnelle, un rapide inventaire des objets contenus dans la chambre de Slang et ne découvris rien d’intéressant.
Je songeais déjà à m’en aller, mais après réflexion, je résolus d’attendre encore, espérant toujours que mon assassin reviendrait.
Je m’assis donc sur le lit et me mis à réfléchir, roulant dans ma tête mille projets plus absurdes les uns que les autres, quand soudain le grincement d’une porte me rappela à la réalité.
C’était Slang qui rentrait… ivre comme un nègre ainsi que l’avait prévu Betzy… ivre comme une tribu de nègres.
Dans l’escalier il tituba et je l’entendis pousser un juron formidable.