N’avais-je pas intérêt à mettre le millionnaire au fait de la culpabilité de son chauffeur ? Ne pouvait-il pas, en l’occurrence, m’être de quelque secours ?
Et pour le moins, n’était-ce pas manquer à la courtoisie la plus élémentaire envers mon voisin que de faire arrêter un de ses domestiques sans l’avoir prévenu ?
Un deuxième télégramme me parvint sur ces entrefaites.
Il avait été expédié de Sydney par la succursale de l’agence Pinkerton et était ainsi conçu :
« Inconnu s’est présenté ici aux guichets de la Banque Columbia pour négocier dix obligations de la Newcastle Mining, frappées d’opposition par la succession Ugo Chancer, de Green-Park. »
Suivaient les numéros des titres et cette invitation :
« Pour détails complémentaires, M. A. D. est prié de passer au téléphone. »
Cette nouvelle dépêche mit fin à mes hésitations.
Je ne pris aucune des trois routes entre lesquelles j’hésitais : je pris celle du bureau téléphonique et, une demi-heure plus tard, j’étais renseigné sur la nouvelle tentative faite pour écouler les valeurs provenant du vol de Green-Park.
L’individu qui s’était présenté dans les bureaux de la banque Columbia de Sydney, était un vieillard à lunettes bleues. En présence du refus de recevoir l’ordre de vente que lui signifiait l’employé, il avait battu promptement en retraite en emportant ceux des titres qu’il avait pu ressaisir.