— Allons ! à l’œuvre… me dis-je.
J’atteignis au toucher la petite scie roulée en spirale et dissimulée dans mon gilet, puis j’ouvris la fenêtre avec précaution.
C’était une sorte de baie cintrée de moyenne ouverture qui présentait deux barreaux verticaux espacés l’un de l’autre de vingt centimètres environ.
Comme je suis très mince, il me suffisait d’enlever un seul barreau.
Je me mis donc au travail.
Les dents imperceptibles de ma scie faisaient merveille. Je les sentais mordre âprement le fer et c’est à peine si l’on entendait un léger crissement.
Tout en activant ma besogne, je mesurais de l’œil la hauteur à laquelle je me trouvais. Rien d’une évasion romanesque du haut d’un donjon, en effet !… car ma cellule était au premier étage du bâtiment. N’eussent été le risque de faire une chute sur quelque obstacle invisible et la crainte du bruit que produirait inévitablement la rencontre de mes bottines avec le sol, j’aurais pu sauter simplement sans avoir recours à ma corde.
Le barreau céda enfin.
D’une violente poussée, je l’écartai au dehors pour y glisser ma modeste corpulence. Cela fait, je revins à mon lit, y pris mon overcoat, et d’un coup de dent, je pratiquai dans la doublure un tout petit trou par lequel je pinçai du bout des doigts la corde enroulée à l’intérieur.
Cette corde extraite de sa cachette, je la triplai, non pour lui donner plus de force, car elle était, comme je l’ai dit, d’une solidité à toute épreuve, mais de façon à pouvoir la serrer avec mes mains, puis j’en fixai une extrémité au barreau demeuré intact.