Tout était prêt…

J’écoutai encore pendant quelques minutes, puis j’endossai mon inséparable overcoat, enfonçai mon chapeau jusqu’aux oreilles et enjambai l’appui de la petite fenêtre.

En trois flexions de bras, j’avais atteint le sol où j’atterris sans faire plus de bruit qu’un oiseau se posant sur une branche.

J’éprouvai, je l’avoue, une réelle satisfaction à me sentir à l’air libre, quelque chose comme la joie du collégien partant en vacances ou du militaire qui vient d’être libéré.

— Aïe ! je m’étais réjoui trop tôt !

J’étais dehors, sans doute, mais dans la cour… c’est-à-dire encore entre les murs de la prison.

Il me restait à franchir le pas le plus redoutable : la grande porte… et le cerbère qui la gardait ne manquerait certainement pas de s’étonner en me voyant surgir des ténèbres. Il fallait payer d’audace jusqu’au bout.

Je me dirigeai donc, d’un pas assuré et en faisant sonner le talon, vers la voûte sous laquelle s’ouvrait la loge du concierge.

Devant moi la lourde porte dressait ses vantaux ferrés et rébarbatifs.

Au delà c’était la liberté !