Ma foi, tant pis ! je jouai mon va-tout et, me ruant sur le guichet, je l’ébranlai d’un coup de poing formidable.
— Holà ! criai-je… holà door-keeper ! (portier) awake !… awake !… (Réveillez-vous).
Il se fit un mouvement à l’intérieur de la loge… j’eus une seconde de véritable angoisse…
— M’entends-tu, brute, repris-je en haussant le ton… Lève-toi et vivement !
Une porte s’entre-bâilla et je vis apparaître à la lueur du falot qui éclairait la voûte, une figure d’homme mal éveillée enfouie dans une barbe à la Robinson.
Je ne laissai pas le temps au brave portier d’ouvrir la bouche :
— Cours vite chercher un cab, enjoignis-je, une voiture quelconque à deux places… Monsieur le directeur me suit…
L’homme me regarda en clignant des yeux, comme un hibou surpris par l’aurore :
— Ah ! c’est vous, monsieur Nash ? dit-il enfin.
— Bien sûr… tu ne me reconnais donc pas ? Allons, dépêche-toi… nous venons de recevoir un coup de téléphone… il faut que nous allions immédiatement chez le chief-inspector…