Je veux dire : bien simple à raconter.

Comme tout Anglais de race, je suis méthodique, car j’estime qu’avec de la méthode on arrive à une précision de mémoire extraordinaire.

Et il faut de la mémoire pour exercer l’art si complexe du détective, — je dis « détective » et non pas policier.

D’abord, je suis gentleman, fils de gentleman. Mon père, Arthur Edgar Dickson, était un des farmers les plus honorablement connus de l’Ouest Australien.

Le policier, lui, n’est jamais un gentleman et c’est presque toujours un mauvais détective, car il manque précisément de ce qui fait notre force à nous : la méthode.

La méthode ne s’apprend pas ; chacun se crée la sienne suivant ses aptitudes ou la disposition de son esprit.

Le policier subalterne applique servilement les procédés qu’il tient de son supérieur, celui-ci s’incline lui-même devant les avis de son chef, lequel, à son tour, s’en rapporte au sien, et ainsi de suite en remontant la hiérarchie jusqu’au « lord-chief » de justice.

De sorte qu’il n’y a dans tout un royaume qu’une façon d’instruire officiellement toutes les affaires criminelles, quand, à chacune d’elles, devrait au contraire correspondre un tour de main particulier inspiré de l’analyse de l’affaire elle-même.

Aussi les policiers officiels n’aboutissent-ils, en général, à rien et ont-ils recours à nous en désespoir de cause.

C’est ce qui arriva précisément pour le crime de Green-Park.