— Vous voici rendu, monsieur Dickson… j’ai passé, grâce à vous, un après-midi fort agréable avec un homme dont l’esprit me charme… Vous poursuivrez demain vos investigations, sans doute ?…

— Et avec ardeur, je vous en réponds.

— Je regrette de ne pouvoir vous accompagner, car il faut que je m’absente toute la journée.

J’exultais intérieurement, mais ne laissai néanmoins rien paraître de ma joie.

— Vous me voyez, répondis-je, plus au regret que vous-même de ce fâcheux contre-temps, mais vous comprendrez que je ne puisse attendre votre retour pour continuer mes recherches.

— Cela est assez naturel… les exigences de la profession avant tout… Je vous engagerai même à vous hâter, afin de ne pas priver plus longtemps ce pauvre M. Chancer de la sépulture qui lui est due.

Je remerciai M. Crawford de cette bonne parole et nous nous séparâmes après nous être serré la main.

IV
COMMENT JE DEVINS LE COUSIN D’UN INDIVIDU SUSPECT

Le lendemain, vers neuf heures du matin, un homme qu’à son gilet de flanelle à carreaux rouges et noirs on reconnaissait facilement pour un cocher ou quelque valet d’écurie, s’arrêtait devant la grille latérale du cottage de M. Gilbert Crawford.

Cet homme n’était autre que moi-même.