— Dame ! ces tabliers et ces bonnets blancs qui sèchent là-bas au soleil…
— Tu es un finaud, toi… tu vois tout du premier coup-d’œil… Nous avons aussi un cuisinier, un nommé Picklock, qui fabrique le pudding comme pas un.
Et mon compagnon éclata de rire en me donnant une grande claque dans le dos.
Ce chauffeur m’horripilait, il me faisait surtout l’effet d’une brute sournoise et je pensais en moi-même : ce doit être quelque repris de justice… quelque ancien convict échappé des galères.
Instinctivement, je regardai ses pieds : il était chaussé d’espadrilles qui me parurent énormes, mais la bottine dont j’avais relevé la trace était grande, elle aussi.
Oh ! coûte que coûte il fallait que je me la procurasse… je serais allé la chercher au fond d’un puits…
Cependant, je la devinais là, toute proche, séparée de moi seulement par une pelouse de gazon… et je mesurais la distance du regard, en inspectant d’un œil avide la façade irrégulière et joliment ajourée du pavillon situé en face de la remise.
Le chauffeur se méprit sur les tendances de ma pensée intime :
— Tu te trouverais bien ici… hein ?… bel oiseau… me dit-il. Tu admires la cage, je comprends cela… mais il n’y a vraiment pas de place pour toi… Pourtant, je suis bon camarade et tu me plais… car tu es adroit et déluré… Tiens, veux-tu que je te propose une affaire ?
— Je suis sans situation, j’accepterai n’importe quoi.