L’autre continuait :

— Et pour me remettre il faut maintenant que je lave cette voiture et ensuite que je frotte les appartements, car c’est aujourd’hui le grand nettoyage…

— Oui, tu voudrais que je te donne un coup de main ou que je te remplace à l’occasion ?

— C’est cela même… voyons, tâchons de nous arranger… Je te donnerai cinq shillings par semaine et tu partageras mes repas… d’ailleurs je ne mange pas beaucoup, moi… j’ai plutôt soif… cela tient sans doute à ce que j’ai longtemps vécu dans les pays chauds… Pour le logement, on s’arrangera toujours… tu coucheras dans la soupente… Cela te va-t-il ?

— Tu parles !… Mais ton patron, que dira-t-il s’il me rencontre ?

— Ne te tourmente pas de cela, fellow, il a d’ailleurs en moi une confiance aveugle… s’il me demandait par hasard qui tu es, je lui raconterais que tu t’appelles Slang comme moi, que tu es mon cousin et que tu arrives d’Angleterre.

— Je te remercie, dis-je simplement.

Puis, après une pause, je repris :

— M. Colsford est absent ?

— Crawford, rectifia mon pseudo-cousin. — oui, à quoi vois-tu cela ?