Et il fit dans l’un d’eux une petite incision avec la pointe de son canif.
— Ils sont, poursuivit-il, composés d’un alliage sans valeur, mais assez bien imités… c’est du beau travail de faux-monnayeur…
Si mon opinion n’avait pas été faite, je n’aurais plus eu de doutes à cette heure ; Slang n’était pas de taille à avoir combiné seul un vol aussi savant.
Slang n’était qu’un comparse, l’exécuteur d’une association de malfaiteurs adroits qui préparaient leurs coups dans l’ombre avec toutes les ressources de la science et d’une imagination cultivée.
Il paierait cet honneur de sa tête… soit… mais c’était insuffisant.
Je devais à l’honneur de mon nom de démasquer les véritables coupables, c’est-à-dire les bénéficiaires de cet attentat sans précédent.
J’eus tout de suite dressé mes batteries.
— Voulez-vous me permettre, dis-je à M. Withworth, de relever les numéros des titres qui étaient la propriété de M. Chancer ?
— Mais certainement, monsieur, me répondit le vieillard en se dirigeant vers un cartonnier surmonté d’une potiche japonaise.
Et il me soumit un registre où se trouvaient méthodiquement consignées les particularités afférentes à chaque valeur : séries, numéros d’ordre, dates et prix d’achat, montant du revenu, nombre de coupons demeurés au titre lors de l’acquisition, etc…