Ces renseignements étaient précieux et je les consignai scrupuleusement sur mon calepin.

Tandis que j’écrivais, d’un rapide calcul de tête j’évaluais le chiffre de la fortune de M. Chancer.

Elle se montait à quatre cent mille livres sterling !…

Il était évident que ce Pactole ne s’était pas englouti dans la poche du seul Slang, chauffeur.

Après avoir remercié M. Withworth de l’amabilité avec laquelle il s’était mis à ma disposition, je m’apprêtais à prendre, congé, quand il me retint par la manche :

— Vous savez, dit-il, j’ai ici des objets merveilleux que vous ne trouverez nulle part, pas même à Londres… Voici un buste de Napoléon attribué à Hudson Lowe, une statuette de Nelson par Van den Brocke, un chiffonnier ayant appartenu à Marie-Antoinette… un manuscrit de Cromwell… le portrait du prince Albert, par Sweet… J’ai aussi de fort jolis meubles moyen âge, des faïences italiennes du seizième siècle et tenez… voici quelque chose qui ferait très bien sur la cheminée de votre bureau : la tête de James Blomfield Rush, pendu à Norfolk en avril 1849… Cette tête a été moulée par Higghins, une heure après l’exécution…

— Merci… fis-je… une autre fois… très curieux, en effet… Je reviendrai certainement vous rendre visite, quand je serai moins pressé…

— Dans l’attente de vos ordres, monsieur Dickson, répondit le petit vieux en me remettant sa carte… Ici tous les objets vendus sont garantis authentiques… et comme vous vous occupez de l’affaire de Green-Park je vous ferai exceptionnellement des prix d’ami…

Décidément, quoiqu’il s’en défendît, ce M. Withworth était un homme d’affaires et il savait profiter de toutes les circonstances.

Malheureusement il tombait mal, car j’avais d’autres préoccupations en tête.