—Alors, nous trouverions une autre combinaison... nous attendrions qu'il sorte et, dès qu'il paraîtrait, nous le repousserions aussitôt dans la chambre en lui mettant le revolver sous le nez.
—Et s'il a aussi un revolver?
—On n'a pas pour habitude de sortir d'un appartement avec une arme à la main... Croyez-m'en, mon cher Manzana, ne nous livrons pas d'avance à des suppositions qui finiraient par émousser notre courage... Allons-y carrément, comme si nous étions de vrais agents de la Sûreté... La chose la plus fâcheuse qui puisse nous arriver, je vous l'ai déjà dit, c'est que nous soyons obligés d'aller au poste et de voir notre diamant passer de la poche de notre voleur dans celle du commissaire... et encore, peut-être bien que je trouverais un truc pour le ravir au commissaire.
—Vous avez réponse à tout... eh bien essayons... Je suis votre homme.
Nous pénétrâmes dans le hall de l'hôtel et, à notre grande surprise, personne ne s'avança à notre rencontre pour nous demander ce que nous désirions.
Froidement, je traversai le vestibule et m'engageai dans l'escalier en compagnie de Manzana.
Au premier étage, je consultai la liste des numéros. Le 34 se trouvait justement sur le palier où nous étions.
—Cela va trop bien, pensai-je.
Et je me sentis envahi par une indéfinissable inquiétude. J'écoutai, pendant quelques instants. Un homme toussa dans la chambre où je m'apprêtais à pénétrer. Je tirai mon revolver, fis un signe à Manzana et frappai légèrement à la porte.