Nous étions maîtres de la situation. Notre premier soin fut de fouiller le drôle, mais nous eûmes beau explorer ses poches, nous ne trouvâmes sur lui qu'un portefeuille dont je m'emparai, un porte-cigares en acier bruni et un trousseau de clefs.
Parbleu! le gredin avait dû cacher le diamant dans sa valise. Nous ouvrîmes celle-ci, mais nous eûmes beau tourner et retourner tout ce qui s'y trouvait, nous ne découvrîmes absolument rien.
Et pourtant, j'étais bien sûr que le misérable, lorsqu'il était rentré à l'hôtel, avait le diamant dans sa poche.
Où l'avait-il caché?
Je le fouillai de nouveau, regardai même dans ses bottines, le palpai en tous sens, mais rien!
Manzana, qui suivait cette opération avec un intérêt que l'on devine, me souffla tout à coup:
—Il l'a sans doute «refilé» à la femme.
Nous démaillotâmes cette dernière, mais au moment où je commençais à explorer les poches de sa jupe, quelqu'un frappa à la porte trois petits coups rapides.
Nous demeurâmes immobiles, retenant notre respiration. On frappa encore une fois, et une grosse voix demanda: «Ludovic... êtes-vous là?»
Quelques secondes s'écoulèrent, puis le visiteur n'obtenant pas de réponse—et pour cause—se décida à s'en aller.