—Comment!... vous ne vous en souvenez déjà plus?
—Expliquez-vous.
—Eh bien, n'avait-il pas été entendu que si nous retrouvions le diamant nous en aurions la garde à tour de rôle... or, c'est vous qui l'avez en ce moment... Vous le garderez donc une semaine, mais moi, je dois avoir le revolver...
—Ah! c'est vrai, je n'y pensais plus... Oui, vous avez raison, mon cher, ce qui est convenu est convenu... je ne me dédis jamais... Voyons, nous sommes aujourd'hui jeudi... je garderai donc le diamant jusqu'à jeudi prochain...
Et tout en parlant, je manipulais doucement le revolver qui était dans la poche de mon pardessus.
—Oui... oui, mon cher associé, vous avez parfaitement raison... il ne doit plus y avoir aucune contestation entre nous... vous avez droit au revolver... le voici!
Manzana prit l'arme que je lui passai d'un geste discret et l'enfouit précipitamment dans la poche gauche de sa jaquette.
Juste à ce moment, un vieux monsieur vint s'asseoir à ma droite sur le banc. Il était vêtu d'une longue redingote noire montante que recouvrait un ample pardessus et coiffé d'un chapeau de feutre aux bords rigides.
Je vis tout de suite que c'était un pasteur anglais et, sous un prétexte quelconque, j'engageai la conversation avec lui dans ma langue natale.