—Sortez!... Sortez! lui dit-il.
Manzana voulut protester, mais deux garçons l'empoignèrent et le jetèrent hors de l'établissement.
J'aurais pu profiter de cet incident pour m'esquiver, mais je reconnus que cela eût été maladroit. Il valait mieux en finir une fois pour toutes avec ce gredin.
Je l'entraînai dans un bouge des environs de Soho Square.
L'établissement dans lequel nous nous trouvions était rempli de vagabonds et de miséreux, de sorte que, maintenant, c'était moi qui me trouvais déplacé dans ce milieu. On me regardait avec méfiance et un farceur qui s'était approché me dit d'une affreuse voix canaille:
—Vous savez... si vous cherchez quelqu'un pour faire un coup, je suis à votre disposition... avec moi, jamais d'ennuis... J'opère en douceur et à des prix modérés... Quand vous aurez besoin de mes services, vous n'aurez qu'à demander Bill Sharper... tout le monde me connaît ici...
Lorsque je fus parvenu à me débarrasser de ce gêneur, je m'assis à côté de Manzana à qui je fis servir une ample portion de «minced lamb» et une pinte de stout.
Tout en mangeant, il parlait et ne cessait de m'accabler de reproches... Il en revenait toujours à son expulsion du Good Star et cherchait à rejeter sur moi toutes les responsabilités.
—Comme je ne parle pas anglais, dit-il, vous en avez profité pour raconter sur mon compte quelque vilaine histoire au capitaine et c'est pour cela qu'il m'a débarqué. Enfin, n'en parlons plus. Je vous ai retrouvé, c'est le principal... causons un peu de choses sérieuses... Et notre diamant?
—Je vous ai déjà dit que je ne l'avais plus.