Et elle me guida vers une rue sombre, m'entraîna dans une autre et enfin, s'arrêtant devant une petite boutique peinte en rouge:
—Là! si vous voulez, dit-elle.
Nous entrâmes. La salle était presque vide. Nous nous assîmes, dans le fond et je commandai à dîner... Edith ne mangeait pas, elle dévorait.
Ainsi, c'était donc vrai, la malheureuse mourait de faim!
J'aurais voulu connaître immédiatement son histoire, apprendre comment elle avait pu tomber dans une telle misère, mais je n'osais l'interroger.
Quand elle eut terminé son repas, elle demanda:
—Où allez-vous maintenant? Edgar.
—Mais chez vous, si vous voulez...
—Chez moi! fit-elle tristement... chez moi!... mon domicile maintenant, c'est la rue!...
Je n'en pouvais croire mes oreilles... Etait-il possible que mon Edith en fût arrivée là?