A Byfleet, la première station à laquelle s'arrêtait le train, j'ouvris la portière et sautai sur le quai. Ce n'est que le surlendemain seulement que je me risquai à gagner Southampton.
Maintenant, il s'agissait de quitter l'Angleterre le plus vite possible et je m'abouchai immédiatement avec quelques matelots qui m'indiquèrent les bâtiments en partance.
Je m'étais imaginé que j'arriverais facilement à m'embarquer, mais je m'aperçus bientôt que tous les capitaines n'étaient pas aussi «coulants» que le capitaine Wright. Tous me demandèrent des papiers, exigèrent des références et je me vis blackboulé partout où je me présentai.
Je commençais à perdre courage, quand un matelot qui fumait sa pipe, assis sur une borne, me donna un renseignement utile:
—Ecoutez, camarade, me dit-il, si vous tenez absolument à trouver un engagement, je connais un bateau sur lequel on vous prendra sans doute, mais vous savez, c'est un bateau bizarre...
—Qu'importe... comment s'appelle-t-il?
—Le Sea-Gull... Tenez, c'est ce voilier blanc qui est amarré à quai, entre le paquebot de France et la malle de Jersey.
—Vous pourriez me recommander?
—Oh! pour ça, non!... Je ne connais personne à bord... Présentez-vous vous-même, vous verrez bien ce qu'on vous dira... Le patron de ce Sea-Gull recrute en ce moment son équipage... Il y a quatre garçons qui ont déjà été engagés. Essayez toujours, vous verrez.
—Merci, dis-je, je vais suivre votre conseil.