M. et Mme Pickmann ne me quittaient pas des yeux, attendant avec une visible inquiétude les paroles que j'allais prononcer.

—Ma foi, dis-je enfin, la question est très embarrassante, et j'avoue...

—Voyons, voyons! cherchez bien, supplia Mme Pickmann, vous êtes un homme de ressource et je suis sûre que vous allez trouver quelque chose...

Je demeurai silencieux pendant quelques secondes, puis laissai tomber ces mots:

—Il y aurait peut-être un moyen de tout arranger, mais il faut que je m'informe... Patientez un jour ou deux... surtout ne consultez pas le capitaine.

—Nous ne lui dirons rien, répondit Mme Pickmann, d'ailleurs, il me déplaît souverainement ce bonhomme-là...

—Bien... fiez-vous à moi...

Pickmann me prit les mains et me dit d'une voix qui tremblait un peu:

—Ecoutez, Colombo..., il y a mille livres pour vous, si vous arrivez à nous éviter les formalités du débarquement...

Je pris un air indigné: