—Ma foi, je n'en sais rien... mais il est plus que probable que, lorsque nous serons amarrés à quai, la douane fera son apparition.

—Quoi! nous n'allons pas demeurer en rade?

—Non... dans quelques heures, nous allons gagner le port... c'est nécessaire... on ne peut pas «réparer» en pleine mer...

—Vous êtes sûr de ce que vous dites, Colombo?

—Oui...

Pickmann lança un coup d'œil à sa femme qui ne broncha pas.

Il y eut un silence, puis il reprit:

—Bah! la douane se contentera d'examiner les bagages... les grosses malles, les caisses. Je ne pense pas qu'elle ouvre les valises et les sacs à main...

—Qui sait? Les douaniers prennent parfois plaisir à ennuyer le monde... Ce sont des êtres maussades qui, furieux de voir les gens voyager et se payer des distractions, quand eux demeurent rivés à leur poste, se vengent en soumettant le touriste à une foule de formalités qu'ils compliquent à plaisir. J'ai connu un douanier anglais, du nom de Nasty, qui n'était jamais si heureux que lorsqu'il avait obligé une dame à déballer toutes ses toilettes, et jusqu'à son linge le plus intime.

—Cependant, nous ne faisons pas de contrebande... Si on nous a laissés partir d'Angleterre, c'est que nous étions en règle avec la douane...