Les filles y vont bien, sans qu'aucune en rougisse;
Leur métier vaut le vôtre, il est cent fois plus doux;
Et le public sensé leur doit bien plus qu'à vous.»
Les deux souverainetés les plus souveraines du dix-huitième siècle, n'est-ce pas Voltaire et Catherine II? Aussi, voyez comme ils se reconnaissent grands tous les deux! Voltaire s'habillait des chasses de Catherine, et celle-ci, dans son parc de Czarsko-Zélo, faisait bâtir un petit Fernex. Ainsi, dans l'épopée virgilienne, Andromaque exilée se plaît à voir encore une miniature de sa Pergame et à planter sur les bords d'un ruisseau sans nom les arbustes qui ombrageaient les rives sacrées du Simoïs.
Nul n'a nié ce génie profond, cette grande Catherine que Voltaire appelait Catherine le Grand, qui, comme son frère de Prusse, Frédéric II, que Voltaire appelait Frédéric le Grand, a donné l'hospitalité aux apôtres de l'esprit humain.
Élève d'Apollon, de Thémis, et de Mars,
Qui sur ton trône auguste as placé les beaux-arts,
Tu penses en grand homme, et tu permets qu'on pense;
Toi, qu'on voit triompher du tyran de Byzance,
Et des sots préjugés, tyrans plus odieux,