APPENDICE.


I.
LE TESTAMENT DU ROI VOLTAIRE.

Voltaire a légué à la France la Révolution de 1789, à l'Europe la haine des ténèbres, à l'humanité l'évangile du bien, au monde la monnaie de l'esprit.

Tous les philosophes, de Platon à Descartes, avaient bâti des châteaux de fées et combattu des chimères. Voltaire éleva le temple de l'esprit humain et combattit «les monstres de la superstition».

On a dit qu'il aurait mieux fait de mourir sans testament, comme on a dit de Jean-Jacques qu'il aurait mieux fait de mourir sans confession. Voltaire, en effet, écrivit à son dernier jour un testament sous la dictée de sa nièce, où il oubliait les pauvres parce que madame Denis était insatiable. Mais était-ce bien là le testament de Voltaire?

Non, le testament d'un homme de génie, c'est son œuvre.

Une bonne fortune m'a mis entre les mains les derniers papiers de Voltaire—des pensées écrites au jour le jour, souvent pendant les heures blanches de la nuit,—les dernières malices de ce démon sans repentir, les dernières vérités tombées de cette grande âme.