Pourquoi le livre à la main? Parce que le livre est un bon compagnon de voyage, même s'il est mauvais. Et puis, elle n'avait pas pris un livre pour le lire.

A peine à cinquante pas de son hôtel, elle rencontra l'homme au bouquet de violettes.

—C'est toi, ma Lili!

Un peu plus Alphonse*** la prenait dans ses bras.

—Chut! dit-elle, M. Karl Oberbach a cent yeux.

—Oui, mais j'ai là un bon fiacre où nous serons chez nous.

Et il entraîna Lili. Devant le sapin, elle fit un pas en arrière. Il y avait longtemps qu'elle ne montait plus que dans des voitures de maître. Elle avait peur que cet affreux fiacre ne fût plus pour elle la roue dorée de la fortune. Mais l'amour leva sa jolie bottine sur le marchepied.

Et ce fut un quart d'heure délicieux. On s'était aimé follement, on s'aimait plus follement encore.

—Je n'ai jamais aimé que toi, Lili!

—Je n'aimerai jamais que toi, Alphonse!