—Monsieur, lui répondit-elle, croyez bien que j'irai me promener. Si on me voit toute nue, ce ne sera pas ici; je vous jure que ce beau corps, dont vous êtes indigne, sera vu par tout le monde, excepté par vous.
Et elle descendit du lit pour braver son mari. Ce que voyant, et plus furieux encore, il saisit un éventail pour fouetter la marquise.
Au premier coup, l'éventail se brisa, comme s'il se refusait à ce crime de lèse-beauté. Le mari prit ensuite une ombrelle, qui ne fit pas un plus long service.
Et toujours sa femme le bravait, le frappant de ses yeux, qui pointaient comme deux épées.
—Brisez tout sur moi, mais ne me touchez pas de vos mains, ou j'ouvre la fenêtre pour appeler tout le monde au spectacle!
M. de Marcy était au bout de ses colères; il se sentait chanceler, comme s'il dût s'évanouir; il sortit pour aller se recueillir chez sa maîtresse, qui était son conseil de famille.
La marquise se couvrit d'un châle et marcha à pas de loup à la rencontre de sa fille de chambre. En effet, elle la vit reparaître aussitôt.
—Antonine, vous allez me retrouver une robe noire parmi celles que je vous ai données.
Antonine comprit et revint bientôt avec une robe noire à la main.
Mme de Marcy la mit en toute hâte et descendit l'escalier quatre à quatre, nouant son chapeau, sans avoir noué ses souliers. Où alla-t-elle?