—Oui, mais depuis vous avez chassé sur ses terres. Enfin, puisque c'est pour le bon motif, je veux bien me mettre en campagne.

—Vous direz à la jeune fille....

—N'allons pas si vite, vous prenez feu et flamme comme un fagot de la Saint-Jean. Je vous promets d'aller tout à l'heure au château.

—Dites à la mère que je fais mes Pâques.

Le curé ne put s'empêcher de sourire.

—Taisez-vous, profane, ou je ne prêche pas pour vous.

Le soir, le curé de Belmarre vint au château de Montmartel et conta à Arnold que tout n'était pas désespéré. La mère avait jeté de hauts cris et la fille avait dit qu'elle sacrifierait bien tous ses aspirants pour devenir la comtesse de Montmartel. Elle était offensée de la vie endiablée de M. Arnold à Paris, mais elle avait une raison pour vouloir l'épouser. «Quelle raison? avait demandera mère.—C'est mon secret,» avait répondu la fille.

Quelle pouvait bien être cette raison? Arnold y perdit son latin et celui de M. le curé.

V

Je ne dirai pas le mot à mot des préliminaires du mariage. Arnold s'évertua à triompher de tous les obstacles. Ce ne fut pas sans peine; il fallut d'abord rapprocher les familles, ce qui se fit grâce au génie de Mlle de Saint-Amant qui mit en avant un grand personnage à qui on n'avait rien à refuser. On fit dix fois par jour jouer le télégraphe; les haines s'adoucissent à distance. M. de Montmartel, qui n'était pas content d'un fils prodigue, fut presque heureux de le savoir à mi-chemin d'un mariage avec Mlle de Saint-Amant.