Je ne pus convaincre Bouquet; il voulait que la séparation de corps apprit à tout le monde qu'il ne courait plus après Pâquerette.

En effet, on ne fut pas longtemps sans que la Gazette des Tribunaux, à propos de cette séparation, révélât, d'après les journaux du Havre, comment la comédienne Marguerite avait planté là son mari qui l'adorait, pour un chenapan qui la battait; car, le jour du flagrant délit, le talon rouge de province lui avait arraché une poignée de ses beaux cheveux.

Pour le pauvre mari, la vengeance avait commencé le jour de la trahison.

V

Pâquerette n'était pas venue me voir; je lui en savais gré. Cet hiver, comme je conduisais à l'Éden une princesse étrangère plus ou moins accréditée, une curieuse ardente à toutes les curiosités, Pâquerette nous croisa dans le promenoir; je ne la saluai point, mais elle se retourna et me dit: «Plus que ça de princesse!»

—Qu'est-ce que cette demoiselle? me demanda la dame que j'avais au bras.

—Un monstre.

—Parlez-lui donc, cela m'amusera.

—Tout justement, Pâquerette semblait attendre un mot de moi.

—Pâquerette, je disais à la princesse que vous êtes un monstre.