—Je le sais bien.

—Comment avez-vous pu trahir un si galant homme?

Pâquerette ne fut pas touchée du tout; elle se mit à rire et me répondit:

—Autre temps, autre chanson. Ça m'ennuyait de chanter toujours la même chose. Et lui donc, quelle symphonie sempiternelle! Voyez-vous, il y avait là-dedans trop de pot-au-feu.

—C'est cela, petite misérable; il vous a fallu de la soupe à la bisque; mais je suis sûr qu'au fond vous regrettez votre violon.

—Pas pour deux sous! D'ailleurs, il m'embête toujours; plus nous sommes séparés, plus il court après moi.

—Encore!

—Tenez, je viens de le voir à deux pas, qui se cache derrière un pilier.

Là-dessus, Pâquerette s'envola. La princesse comprit tout de suite le chagrin du mari.

—Parlez-lui donc, me dit-elle.