«Vous avez tort, ma cousine, lui dit Octave, vous allez désespérer ces braves gens.—Tant pis, mon cousin, répondit Geneviève en prenant le bras d'Octave et en respirant le bouquet; songez bien que c'est aux cinq millions de ma tante qu'on fait cette fête. Or, c'est vous qui devriez monter dans cette maison rustique.»
Et comme les jeunes filles insistaient, elle se tourna vers Mlle de Moncenac et lui dit gravement que c'était à elle à monter dans la chaise à porteurs. «Pourquoi?—Parce que vous êtes vous-même un bouquet de rosés.»
Mlle de Moncenac était trop simple pour s'imaginer qu'on pût railler sa figure à prime-roses et sa robe à ramages. Elle monta sans se faire prier dans la cabane de fleurs, trouvant tout simple que les huit jeunes filles la portassent au château.
Quand on fut devant le vieux portail, Geneviève demanda à Octave qu'il voulût bien l'autoriser à prendre sur la succession de sa tante Régine huit fois mille francs pour doter ces jeunes filles. «Vous savez bien, Geneviève, que j'ai déchiré le testament, vous savez bien que vous êtes maîtresse absolue de cette fortune; faites des dots à tout le monde. Si un jour il ne vous reste plus de quoi vous faire une dot à vous-même, je viendrai peut-être vous demander votre main.—Eh bien! ce jour-là, mon cousin, je vous donnerai peut-être ma main.»
Geneviève se sentit rougir et se cacha la figure dans son bouquet, tout en le respirant encore avec ivresse.
Il lui sembla qu'elle respirait le bonheur dans les paroles d'Octave.
Le bonheur! Le bouquet lui tomba des mains. Octave qui la regardait, vit la pâleur se répandre comme un nuage sur cette belle figure. «Octave! dit-elle en lui tendant la main, je me sens mourir.»
Octave ne comprenait pas, mais il ne put empêcher Geneviève de tomber foudroyée. «Oh! mon Dieu! s'écria Mlle de Moncenac, la voilà morte!»
Qui donc avait donné le bouquet de roses-thé?