Une seconde fois il déplia le testament et baisa doucement la signature de sa tante Régine.
Puis le déchirant avec sa grâce exquise: «Voilà mon dernier mot, dit-il simplement.—Octave! qu'avez-vous fait?» s'écria Geneviève.»
Il lui donna la moitié du testament et mit l'autre moitié dans le livre d'Heures. «Gardons ceci tous les deux pour nous prouver, ne fût-ce qu'à nous-mêmes, que si la noblesse du coeur était bannie de ce monde, on la retrouverait chez les Parisis.»
En ce moment, le curé de Champauvert chantait le Pater Noster qui es in coelis.
XXXV
LE BOUQUET DE ROSES-THÉ
Quand la messe fut dite à l'église de Champauvert, il se passa devant le portail une scène imprévue qui vint tout à coup effacer les douces émotions qui avaient pris le coeur de M. Octave de Parisis et de Mlle Geneviève de la Chastaigneraye.
Tout le pays savait déjà l'histoire du testament—je ne parle pas du dernier;—puisque Mlle de La Chastaigneraye était la légataire, il fallait bien manifester sa joie: les jeunes gens et les jeunes filles avaient imaginé, de lui tresser, avec des rameaux, des feuillages et des fleurs, un petit palanquin ou plutôt une chaise à porteurs de la forme la plus rustique.
Huit paysannes, toutes vêtues de blanc et couronnées de marguerites, étaient venues là, vers la fin de la messe, pour offrir des bouquets à Geneviève et pour la supplier de monter dans la chaise à porteurs.
Mlle de La Chastaigneraye prit gracieusement un magnifique bouquet de roses-thé que lui présenta la plus jeune des paysannes, mais elle refusa de monter.