«Au nom du Père, du Fils, du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.
«Au château de Champauvert, en mon lit de mort, le 4 août 1867.
«RÉGINE DE PARISIS.»
En relisant pour la seconde fois: «Au nom du Père, du Fils, du Saint-Esprit,» Octave de Parisis se signa et dit «Ainsi ne soit-il pas.—Ah! je me réjouis en Dieu, dit Geneviève; la grâce a touché Don Juan, il vient de faire le signe de la croix: Satan est réconcilié avec Dieu.»
Deux larmes brillaient dans les yeux de Geneviève.
Parisis, qui n'avait pas pleuré depuis bien longtemps, voulut cacher deux larmes pareilles. «Savez-vous pourquoi, Geneviève, je viens de remercier Dieu et de faire respectueusement ce signe d'adoration? Ce n'est pas parce que j'ai vu le doigt de Dieu dans ce testament, c'est parce que j'y ai vu le doigt de la plus noble et de la plus divine des créatures, le doigt de Geneviève de La Chastaigneraye.»
Geneviève voulut comprimer son émotion. «Je ne comprends pas, Octave.» Ce nom, qu'elle n'avait pas encore prononcé en lui parlant, résonna au coeur de Parisis. «Vous ne comprenez pas, Geneviève. Vous ne voulez pas avouer que vous comprenez; pour moi, je vois juste. Ce testament n'exprime pas la volonté de ma tante, il exprime la vôtre. Voilà pourquoi je n'en veux pas.»
Geneviève reprit sa parole railleuse. «Je vous remercie, monsieur, vous devriez avoir plus de soumission pour ma volonté, si c'est la mienne.»
Octave avait replié le testament et l'avait remis dans le livre d'Heures. «Voilà, dit-il à Geneviève en agrafant les fermoirs d'argent.—Eh bien! monsieur, j'irai aujourd'hui même le porter chez le notaire.»
Octave reprit le livre par un mouvement soudain. Geneviève ne devina pas ce qu'il voulait faire.