L'homme à la cravate rouge demanda à Octave s'il était content.—Oui, très content, dit Octave. Et il écrivit ce mot à Violette:

Violette, je vous aime et je veille sur vous.

«PARISIS.»

Et se tournant vers l'homme à la cravate rouge: «Tenez, il faut que cette lettre arrive dans une heure.—Comme vous y allez, mon prince! Je n'ai pas encore déjeuné.—Eh bien, reprit Octave en lui jetant cinq louis, vous ne déjeunerez pas.»

Le jour où le duc de Parisis recevait les lettres de M. Rossignol et de Violette, la marquise de Fontanelles recevait celle-ci de Geneviève:

«Je suis désespérée, ma chère Armande. Je ne sais quel démon s'est incarné a Champauvert depuis la mort de ma tante; mais j'y meurs de chagrin. A qui ouvrir mon coeur? Ah! si tu étais là! Si tu m'aimes, accours. Figure-toi que j'ai été empoisonnée par un bouquet de roses; mais qu'est-ce que cela? Ce n'est pas là qu'est le mal! Le même bouquet a empoisonné une des filles de service qui a voulu rire avec le poison.

«Malgré toutes mes prières on instruit l'affaire, il me faudra comparaître comme témoin. J'aime mieux mourir. Et puis, figure-toi qu'on a arrêté une pauvre fille qui aime M. de Parisis: je réponds que celle-là n'est pas coupable. Mais je ne puis pas dire le nom de l'empoisonneuse, quoique je le sache bien. C'est une désolation. C'est un scandale. Je ne sais où cacher mes larmes. Viens me voir, si tu m'aimes. Je te dirai tout cela. Mais les journaux parleront avant moi. Oh! mon Dieu! mon Dieu! qui donc a permis que la dignité des familles, que la pudeur des femmes, que toutes les vertus soient ainsi jetées eu pâture à la sottise publique.

«Adieu, je meurs de chagrin.»

«GENEVIÈVE.»

La marquise de Fontaneilles voulait courir à Champauvert pour consoler Geneviève, mais le marquis ne voulut pas, dans la peur que le nom de sa femme ne fût inscrit au procès.