On se croyait tout à la fois aux noces de Cana et aux noces de Gamache. Octave voulut ramener la mode de ces festins homériques, où l'on fait rôtir un boeuf et où jaillissent des fontaines de vin.

Au milieu du festin, les jeunes paysannes de Champauvert, celles qui avaient été dotées par Geneviève et celles qui devaient être dotées ce jour-là, vinrent cette fois encore avec des bouquets, mais non plus avec des bouquets de roses-thé.

La plus jeune de toutes, celle qui avait apporté le bouquet empoisonné, présenta à M. de Parisis la plus belle grappe de raisin de la vendange. «N'y touchez pas, dit-elle, car j'ai la main malheureuse.»

Geneviève avait acheté pour les paysannes des croix d'or toutes rustiques, taillées dans la vieille mode.

Quand elle se leva pour les mettre au cou de chacune des jeunes filles, Octave se leva aussi.

Cette simple action de placer une croix d'or sur le sein d'une femme ramena Parisis plus près des sphères chrétiennes que tous les sermons qu'il avait entendus.

VII

L'EXTRAIT MORTUAIRE DE VIOLETTE DANS LA CHAMBRE NUPTIALE

Il était deux heures du matin quand une chaise de poste à quatre chevaux emmena les mariés à Parisis. Geneviève n'était accompagnée que de Mlle Hyacinthe.

Ce fut avec un sentiment de fierté et de mélancolie que Geneviève entra—en souveraine, cette fois—dans cette vieille demeure des Parisis. Elle s'appuyait, pour monter l'escalier, sur Octave et sur sa jeune protégée, qui sauvait, par son intarissable gaieté, les embarras charmants de la situation.