«Il me reste la fortune de ma mère. Je donne cent-mille francs à mademoiselle Hyacinthe Auberti, à prendre sur la succes que j'ai recueillie de madame Edwige de Portien, née de Pernan-Parisis.

«Écrit à Burgos, à l'heure de ma mort, le 13 août 1866.

«LOUISE-VIOLETTE DE PERNAN-PARISIS.»

Un notaire de Burgos avait envoyé ce testament au notaire de Pernan, en disant qu'il obéissait à l'ordre de la testatrice.

Sur la prière d'Octave, le notaire de Pernan avait écrit au notaire de Burgos pour lui demander des détails sur la mort de Violette. Cet homme répondit très brièvement que la jeune dame lui avait elle-même remis le testament, qu'elle lui en avait payé le dépôt, qu'il avait appris sa mort, qu'il croyait à un suicide, mais qu'il ne savait rien de plus.

Geneviève voulut donner aussi cent mille francs à Hyacinthe; elle voulut en outre que le petit château de Pernan, qui valait bien cent mille francs, devînt sa propriété.

Et comme Hyacinthe refusait: «C'est par égoïsme, lui dit-elle; c'est pour vous avoir toujours dans le voisinage.»

L'idée d'avoir deux cent mille francs, l'espoir de trouver un mari, le rêve d'être châtelaine, consola bien un peu cette charmante Hyacinthe de la mort de Violette.

Elle pensait pourtant que ce ne serait pas sans une profonde tristesse qu'elle habiterait le petit château de Pernan où elle verrait toujours errer la figure de la morte. Fut-ce pour cela que le fantôme de Violette s'imposa à son imagination?

A Parisis, elle avait voulu aller, à chaque repas, puiser de l'eau à la source vive du parc. Octave et Geneviève trouvaient l'eau meilleure quand Hyacinthe l'apportait de ses blanches mains. Elle ne posait pas la cruche sur la tête pour imiter les filles de la Bible, mais elle trahissait une grâce charmante en portant une jolie cruche du Japon qui emplissait les deux carafes du déjeuner ou du dîner.