La visiteuse joua merveilleusement cette adorable valse qui a enivré toutes les belles pécheresses depuis cinq ans. Et quand résonna le dernier soupir—de la valse—et de l'amour: «Oh! mon Dieu! dit tout à coup Mme d'Argicourt, Et ma visiteuse!—Oh! mon Dieu! dit tout à coup Octave. Et mon ambassade!»
XXVI
LA VALSE DES ROSES
Octave ne fut pas plus tôt dans l'escalier de Mme d'Argicourt, qu'il pensa à Mme de Révilly.
Il se demanda comment il allait jouer son rôle; mais comme il était de ceux qui ne croient qu'à l'inspiration du moment en toutes choses, comme il savait que le plus souvent les plus belles batteries perdent leurs feux dans un siège, à l'heure même où un accident, une trahison, une défaillance, un acte d'héroïsme donne la place à l'ennemi, il résolut d'aborder, sans parti pris, la maîtresse abandonnée.
Il se présenta à sa porte. Elle était rentrée après sa visite à sa voisine, mais elle venait de sortir encore.
Après tout, cela se trouvait d'autant mieux qu'il n'avait pas cinq minutes à perdre pour monter à cheval.
Il arriva un peu tard au Bois, mais il ne manqua pas son effet. Le cheval qu'il voulait présenter, une bête bien née, recueillit les plus vives admirations. Tous les hommes disaient autour d'Octave: «Il n'y a vraiment que Parisis pour faire de pareilles trouvailles.» Toutes les femmes disaient: «Il n'y a que lui pour monter comme cela un si beau cheval.»
Il pensait vaguement à Mme de Révilly et à son ambassade, quand tout à coup il vit la jeune femme en calèche qui jouait de l'ombrelle, comme la princesse T—— joue de l'éventail. «Elle est décidément fort jolie,» dit-il en s'inclinant avec un sourire.
Au Bois, on n'est jamais inquiet du salut qu'on donne, il y a toujours quelqu'un pour le rattraper. Mme de Révilly prit le salut pour elle. «M. de Parisis!» dit-elle.