Il vivait à fond de train de l'argent du jeu, le prodiguant à toute occasion, achetant des tableaux peints et des tableaux vivants, des objets d'art et des vertus.

Un soir, vers minuit et demi, il rencontra un de ses amis qui descendait en habit de bal d'une voiture de maître.

«D'où viens-tu?

—D'un bal de banquiers. Mais décidément l'or est trop triste, je vais m'égayer un peu au bal de l'Opéra.»

Georges prit le bras à son ami.

«L'or n'est pas si triste que cela. Moi aussi; je vais au bal de l'Opéra. Et si tu me promets d'être gai, je te payerai à souper avec des drôlesses.

—Si tu me promets qu'elles seront drôles, je veux bien.»

On entra au bal. On fureta toutes les loges pour y trouver des amis, on finit par s'établir dans une avant-scène louée par un prince moldave que Georges avait rencontré chez ces demoiselles. Il y en avait quelques-unes qui venaient faire galerie dans la loge.

Le prince trépignait de joie en voyant bondir les almées parisiennes.

«Quel peuple! disait-il, comme il a de l'esprit, quoi qu'il fasse! Il n'y a que les femmes de Paris pour avoir de l'esprit au bout des pieds.»