C'est une chaîne d'or traînée avec délices,
Un doux parfum venu des plus chastes calices,
Une larme, une perle, un sourire, un rayon,
Une gazelle, un loup, une biche, un lion,
Une source où jamais l'on ne se désaltère…
Valentine, l'amour c'est le ciel et la terre!
«Mais c'est admirable, s'écria Georges, je n'aurais jamais trouvé cela.
—C'est parce que tu n'es pas si bête que moi, comme tu dis toujours.
—Vous autres poëtes, vous êtes comme des marchands de nouveautés. Vous avez des rayons pour tous les sentiments: étoffes de printemps, étoffes d'automne.
—Oh mon Dieu! oui, dit Pierre; quand tu voudras des imprécations contre ta beauté, tu viendras encore frapper à ma porte, je te donnerai cela à juste prix.»
Georges embrassa bien familialement Pierre.
Ces deux frères étaient des frères amis qui s'étaient toujours beaucoup aimés. Ils étaient nés à un an d'intervalle, si bien qu'ils avaient traversé, les mains dans les mains, l'enfance et la première jeunesse, ne se disputant jamais les jouets et se battant l'un pour l'autre avec une bravoure touchante. Ils se rappelaient qu'au lit de mort, leur mère leur avait dit: «Embrassez-vous.»
Et chaque fois qu'ils s'embrassaient, ils sentaient que leur mère était encore avec eux.
Ce soir-là, Georges eut des larmes dans les yeux en embrassant Pierre, des larmes pour sa mère et des larmes pour Mlle de Margival.
«Comme je voudrais que tu fusses heureux, dit Pierre en embrassant
Georges à son tour.