—Non, à la veillée. Quand vous serez dans votre chambre vous prendrez chaque fleur, une à une et elles vous diront ce que vous voulez savoir.

—Je ne connais pas le langage des fleurs.

—Mademoiselle veut rire. Quand on sait lire comme mademoiselle, on lit dans les fleurs et dans les étoiles.»

Mlle de Margival ne rentra pas dans sa chambre pour questionner le bouquet. Elle s'enfonça dans une avenue ténébreuse de châtaigniers où elle était sûre de ne pas rencontrer son père. Elle ne doutait pas que le bouquet ne vînt de Georges du Quesnoy. Elle avait trop l'esprit féminin pour ne pas deviner que le langage des fleurs c'était une lettre du jeune homme.

C'était mieux qu'une lettre, puisque c'étaient les vers de Pierre.

«Chut! ça brûle,» dit-elle en mettant les vers dans son sein.

Mais elle les reprit bientôt pour les relire encore.

«C'est amusant, les amoureux, murmura-t-elle.»

Elle ne disait pas encore: «C'est amusant, l'amour.»

A quelques jours de là, Mme de Sancy donna un bal où se retrouvèrent Georges et Valentine. Ce soir-là, Valentine eut tant de caprices et de coquetteries que Georges souffrit mille morts. Il comprit qu'il ne pourrait jamais retenir dans ses bras cette jeune fille, qui avait soif de toutes les adorations. Mais comme elle le vit triste, elle vint à lui, elle l'emporta dans la valse, elle l'enivra de toutes les ivresses virginales.