«Si je faisais cela, le comte me jetterait par la fenêtre. Vous me faites poser, d'ailleurs; vous savez bien que vous êtes mariée le jour et la nuit.
—La nuit? jamais!
—Taisez-vous, belle sournoise, on n'est pas revenue du Sacré-Coeur sans savoir que le lit nuptial est le lit nuptial.»
Et, pour tempérer cette parole, Mme de Sancy ajouta bien vite: «Tout ce que l'Église ordonne est sacré.»
Tout en parlant, la comtesse avait commencé à déshabiller Valentine; les cheveux étaient dénoués, la robe jetée sur un fauteuil, le corset de satin ne tenait plus que par une agrafe.
«N'est-ce pas que j'étais mal habillée? dit Valentine en retenant l'autre agrafe. Ce Worth n'a pas le sens commun; il dit que le jour de ses noces une femme est encore une jeune fille; il m'a surchargée! C'est ridicule, je lui avais demandé deux doigts de satin sur les épaules, il m'en a mis trois doigts: pourquoi pas une robe montante?»
Mme de Sancy se mit à rire.
«Voyons, ma chère, il fallait bien laisser quelque chose pour votre mari.»
Valentine se laissa tomber de son haut sur un fauteuil.
«Ah çà, décidément le mari a donc des droits superbes, dit-elle avec un effroi non joué.