Georges du Quesnoy ne se tua pas du coup. Le cri d'effroi que jeta
Valentine le troubla profondément, sa main vacilla, le coup partit,
mais la balle qui devait frapper au coeur ne brisa qu'une côte.
Georges chancela, et tomba, ne sachant pas encore s'il était tué.
Le sang jaillit abondamment; il se releva et chercha son revolver pour s'achever; mais il avait fait quelques pas avant de tomber; il ne le trouva pas. «Enfin, dit-il, en voyant son sang, c'est peut-être assez pour mourir.»
Il retomba sur l'herbe, tout en regardant la fenêtre de Valentine.
Il espérait qu'elle viendrait sur le balcon, par curiosité sinon par amour.
Ce fut bien mieux. Cette mariée toute déshabillée, qui n'était plus qu'à un pas du lit nuptial, passa en toute hâte une robe ouverte, jeta sur elle un manteau, et, quoi que fît son mari pour l'arrêter, elle courut au jardin, n'écoutant que son coeur, se croyant une héroïne de roman, bravant tout, les devoirs de la jeune fille et de la jeune femme.
M. de Xaintrailles avait couru après elle, tout affolé de ce coup de théâtre imprévu; mais elle allait plus vite que lui, connaissant mieux le chemin dans la nuit.
Quand elle fut devant Georges du Quesnoy, elle se pencha sur lui, comme pour le secourir, ne trouvant que ce seul mot:
«Georges! Georges!
—Ah! que je suis heureux de vous revoir avant de mourir! dit Georges; je voulais frapper au coeur, votre voix a détourné le revolver, mais la blessure est mortelle.
—Non, Georges, vous ne mourrez pas.