«Non, lui dit le médium, je ne veux pas donner ce spectacle.»

Enfin M. Home, tout défaillant, se mit debout, prit son chapeau et marcha vers la porte du salon. Georges allait le suivre, quand il s'arrêta court.

«N'entendez-vous pas?» lui dit M. Home en tombant sur un fauteuil.

Georges écoutait.

Il entendit résonner le piano comme une harpe éolienne; c'était une vague musique d'église écoutée dans le lointain. Le De profundis et le Miserere n'ont pas de clameurs plus doucement funèbres.

«Qui touche du piano? demanda Georges, plus ému encore.

—Pouvez-vous le demander? ce sont mes ennemis. Ne les entendez-vous pas qui chantent la mort de mon âme? c'est horrible.»

M. Home avait des larmes dans les yeux. Il se traîna à la fenêtre et l'ouvrit; mais déjà Bade dormait.

«On n'entend plus, dit le médium, que le sabbat qu'ils font là-haut au vieux château.

—Voilà ce que vous entendez, dit Georges, mais moi, j'entends un autre sabbat; on danse là tout à côté, chez Mlle Soubise. J'y suis invité et je vous y emmène. Vous serez sauvé, car vous ne serez plus dans le monde des Esprits. Méry est là avec Scholl et quelques autres esprits bien pensants.