Mon oncle m'avertit de surveiller mes poches pendant que nous la traversions.
À l'intérieur était une pièce tendue de rideaux d'un rouge d'étain, au sol sablé, aux murs garnis de gravures représentant des scènes de pugilat et des courses de chevaux. Des tables aux taches brunes, produites par les liqueurs, étaient disposées çà et là.
Autour d'une d'elles, une demi-douzaine de gaillards à l'aspect formidable étaient assis, tandis que l'un d'eux, celui qui avait l'air le plus brutal, y était perché balançant les jambes. Devant eux était un plateau chargé de petits verres et de pots d'étain.
— Les amis avaient soif, monsieur, aussi leur ai-je apporté un peu d'ale, de délie-langues, dit à demi-voix l'hôtelier. J'espère que vous n'y trouverez pas d'inconvénient.
— Vous avez très bien fait, Bob. Comment ça va-t-il, vous tous? Comment allez-vous, Maddox? et vous, Baldwin? Ah! Belcher, je suis enchanté de vous voir.
Les champions se levèrent et ôtèrent leur chapeau à l'exception de l'individu assis sur la table qui continua à balancer ses jambes et à regarder très froidement et bien en face mon oncle.
— Comment ça va, Berks?
— Pas trop mal et vous?
— Dites: monsieur, quand vous parlez à un m'sieur, dit Belcher et aussitôt, donnant une brusque secousse à la table, il lança Berks presque entre les bras de mon oncle.
— Hé Jem, pas de ça! dit Berks d'un ton bourru.