Une seconde après, il se tourna et je saisis convulsivement le bras du champion Harrison.

— Harrison, fis-je d'une voix haletante, c'est le petit Jim.

Et cependant dès le premier moment, il m'était venu à l'esprit que la chose était possible, qu'elle était même probable.

Je crois qu'elle s'était également présentée à l'esprit d'Harrison, car je remarquai une expression sérieuse, puis agitée sur sa physionomie, dès qu'il fut question d'un inconnu qui était en bas.

En ce moment, dès que se fut calmé le murmure de surprise et d'admiration causé par la figure et la tournure de Jim, Harrison se leva en gesticulant avec véhémence.

— C'est mon neveu Jim, gentlemen, cria-t-il. Il n'a pas vingt ans, et s'il est ici, je n'y suis pour rien.

— Laissez-le tranquille, Harrison, s'écria Jackson. Il est assez grand pour répondre lui-même.

— Cette affaire est allée assez loin, dit mon oncle. Harrison, je crois que vous êtes trop bon sportsman pour vous opposer à ce que votre neveu prouve qu'il tient de son oncle.

— Il est bien différent de moi, s'écria Harrison au comble de l'embarras. Mais je vais vous dire, gentlemen, ce que je puis faire. J'avais décidé de ne plus remettre les pieds dans un ring. Je me mesurerai volontiers avec Joe Berks, rien que pour divertir un instant la société.

Le petit Jim s'avança et posa la main sur l'épaule du champion.