— Il le faut, oncle, dit-il à mi-voix mais de façon que je l'entendis, je suis fâché d'aller contre vos désirs, mais mon parti est pris, et j'irai jusqu'au bout.
Harrison secoua ses vastes épaules.
— Jim, Jim, vous ne vous doutez pas de ce que vous faites. Mais je vous ai déjà entendu tenir ce langage et je sais que cela finit toujours par ce qui vous plaît.
— J'espère, Harrison, que vous avez renoncé à votre opposition? demanda mon oncle.
— Puis-je prendre sa place?
— Vous ne voudriez pas qu'on dise que j'ai porté un défi et que j'ai laissé à un autre le soin de le tenir? dit tout bas Jim. C'est mon unique chance. Au nom du ciel, ne vous mettez pas en travers de ma route.
La large figure, ordinairement impassible, du forgeron était bouleversée par la lutte des émotions contradictoires.
À la fin, il abattit brusquement son poing sur la table.
— Ce n'est point ma faute, s'écria-t-il, ça devait arriver et c'est arrivé. Jim, au nom du ciel, mon garçon, rappelez-vous vos distances et tenez-vous à bonne portée d'un homme qui pourrait vous rendre seize livres.
— J'étais certain qu'Harrison ne s'obstinerait pas quand il s'agit de sport, dit mon oncle. Nous sommes heureux que vous soyez venu, car nous pourrons nous entendre et prendre les arrangements nécessaires en vue de votre défi si digne d'un sportsman.