Il jeta les rênes et une pièce d'une couronne à un des individus mal vêtus qui encombraient l'allée des piétons, et se frayant vivement passage à travers la foule, il poussa vers l'entrée.
Lorsqu'il parut dans la zone de lumière que projetaient les fenêtres, on se demanda à voix basse quel pouvait être cet impérieux gentleman, à la figure pâle, sous son manteau de cheval, et un vide se forma pour nous laisser passer.
Jusqu'alors je ne m'étais pas douté combien mon oncle était populaire dans le monde sportif, car sur notre passage, les gens se mirent à crier à tue-tête:
— Hurrah! pour le beau Tregellis! Bonne chance pour vous et pour votre champion, Sir Charles! Place au fameux, au noble Corinthien!
Cependant le maître d'hôtel attiré par les acclamations accourait à notre rencontre.
— Bonsoir, Sir Charles, s'écria-t-il. Vous allez bien, j'espère? Et vous reconnaîtrez, j'en suis sûr, que votre champion fait honneur au Georges.
— Comment va-t-il? demanda vivement mon oncle.
— Il ne saurait aller mieux, Monsieur. Il est aussi beau qu'une peinture. Oui, il est en état de gagner un royaume à la lutte. Mon oncle eut un soupir de soulagement.
— Où est-il? demanda-t-il.
— Il est rentré de bonne heure dans sa chambre, monsieur, car il avait une affaire toute particulière pour demain, dit le maître d'hôtel avec un gros rire.