— Où est Belcher?

— Le voici dans le salon du bar.

En disant ces mots, il ouvrit la porte.

Nous y jetâmes un coup d'oeil et nous vîmes une vingtaine d'hommes bien mis, parmi lesquels je reconnus plusieurs figures qui m'étaient devenues familières pendant ma courte carrière au West- End.

Ils étaient assis autour d'une table sur laquelle fumait une soupière pleine de punch.

À l'autre bout, installé très à son aise, parmi les aristocrates et les dandys qui l'entouraient, était assis le champion de l'Angleterre, le magnifique athlète, renversé sur sa chaise, un foulard rouge négligemment noué autour du cou, de la façon pittoresque à laquelle son nom fut longtemps attaché.

Plus d'un demi-siècle s'est écoulé et j'ai vu ma part de beaux hommes.

Peut-être cela tient-il à ce que je suis moi-même d'assez petite taille, mais c'est un des traits de mon caractère de trouver plus de plaisir à la vue d'un bel homme qu'à celle de tout autre chef- d'oeuvre de la nature.

Néanmoins, pendant toute cette période, je n'ai jamais vu un homme plus beau que Jim Belcher et si je cherche à lui trouver un pendant en mes souvenirs, je ne puis en trouver d'autre que le second, Jim, dont je cherche à vous raconter le destin et les aventures.

Il y eut de joyeuses exclamations de bienvenue, quand la figure de mon oncle apparut sur le seuil.