— Entrez, Tregellis, nous vous attendions… Nous avons commandé une fameuse épaule de mouton… Quelles nouvelles fraîches nous apportez-vous de Londres?… Qu'est-ce que cela signifie, cette hausse de la cote contre votre champion?… Est-ce que les gens sont devenus fous?… Que diable se passe-t-il?…

Tout le monde parlait à la fois.

— Excusez-moi, gentlemen, répondit mon oncle, je me ferai un devoir de vous donner plus tard toutes les nouvelles que je pourrai. J'ai une affaire de quelque importance à régler. Belcher, je voudrais vous dire quelques mots.

Le champion vint nous rejoindre dans le corridor.

— Où est votre homme, Belcher?

— Il est rentré dans sa chambre, monsieur. Je crois que douze heures de bon sommeil lui feront grand bien avant la lutte.

— Comment a-t-il passé la journée?

— Je lui ai fait faire de légers exercices, du bâton, des altères, de la marche et une demi-heure avec les gants de boxe. Il nous fera grand honneur, monsieur, ou je ne suis qu'un Hollandais. Mais que diable se passe-t-il au sujet des paris? Si je ne le savais pas aussi droit qu'une ligne à pêche, j'aurais cru qu'il jouait double jeu et pariait contre lui-même.

— C'est pour cela que je suis accouru, Belcher. J'ai été informé de source sûre qu'il y a un complot organisé pour l'estropier et que les gredins sont tellement certains de réussir qu'ils sont prêts à parier n'importe quelle somme qu'il ne se présentera pas.

Belcher siffla entre ses dents.