Il était à Bruxelles avec le gros de l'armée, mais nous savions que nous le verrions bientôt s'il en était besoin.
Je n'avais jamais vu autant d'Anglais réunis, et je dois dire que j'éprouvais quelque dédain à leur égard, comme cela se voit toujours chez les gens qui habitent aux environs d'une frontière. Mais les deux régiments qui étaient avec nous étaient dans d'aussi bons rapports de camaraderie qu'on pouvait le souhaiter.
Le 52ème avait un effectif d'un millier d'hommes, et comptait beaucoup de vieux soldats de la Péninsule.
Le 95ème régiment se composait de carabiniers, et ils avaient un habit vert au lieu du rouge.
C'était chose étrange que de les voir charger, car ils entouraient la balle d'un chiffon graissé, et la faisaient entrer avec un maillet, mais aussi ils tiraient plus loin et plus juste que nous.
Toute cette partie de la Belgique était alors couverte de troupes anglaises, car la Garde y était aussi, aux environs dEnghien, et il y avait des régiments de cavalerie, de notre côté, à quelque distance.
Comme vous le voyez, Wellington était obligé de déployer toutes ses forces, car Boney était derrière son rideau de forteresses, et naturellement nous n'avions aucun moyen de savoir par quel côté il déboucherait.
Toutefois on pouvait être certain qu'il arriverait par où on l'attendrait le moins.
D'un côté, il pouvait s'avancer entre nous et la mer, et nous couper ainsi de l'Angleterre; d'un autre côté, il était libre de se glisser entre les Prussiens et nous. Mais le Duc était aussi malin que lui, car il avait autour de lui toute sa cavalerie et ses troupes légères déployées comme une vaste toile d'araignée, de telle sorte que dès qu'un Français aurait mis le pied par-dessus la frontière, le Duc était en mesure de concentrer toutes ses troupes à l'endroit convenable.
Pour moi, j'étais fort heureux à Ath, où les gens étaient pleins de bonté et de simplicité.